Des chercheurs britanniques ont trouvé un lien de cause à effet entre le tabac et le sentiment de solitude. Ils pensent aussi que les personnes qui se sentent seules seraient plus susceptibles de commencer à fumer et qu’il leur serait plus difficile d’arrêter.

Une équipe de l’université de Bristol a pris en compte des données collectées dans le cadre de vastes études génétiques qui s’étaient intéressées à la solitude, à la consommation de tabac et d’alcool chez des centaines de milliers de participants.Bien que de nombreuses études aient précédemment montré une association entre le fait de fumer et celui de se sentir seul, il a toujours été difficile de savoir si le tabac entraînait la solitude ou l’inverse. Pour déterminer cela, les chercheurs ont choisi la randomisation de Mendel, une technique qui donne des résultats plus fiables en utilisant des variantes génétiques associées à des facteurs de risques possibles de maladies.Leurs résultats, parus dans la revue 

Addiction, ont montré qu’il existait des preuves montrant qu’un sentiment accru de solitude était lié à une augmentation du risque de commencer à fumer. Les personnes qui se sentaient seules fumaient par ailleurs un plus grand nombre de cigarettes par jour et étaient moins susceptibles de réussir à arrêter définitivement. Ils ont par ailleurs trouvé que le fait de commencer à fumer augmentait le sentiment d’isolement.En revanche, les scientifiques n’ont pas trouvé de preuves claires de lien de cause à effet entre la solitude et la consommation (voire l’abus) d’alcool.”Nous sommes arrivés à la timide conclusion que la cigarette pourrait aussi entraîner un sentiment accru de solitude, mais elle s’inscrit dans la lignée d’autres études récentes qui ont identifié le fait de fumer comme facteur de risque d’une mauvaise santé mentale. Un mécanisme potentiel de ce lien serait que la nicotine des cigarettes interfère avec les neurotransmetteurs tels que la dopamine dans le cerveau“, a expliqué l’auteur Dr. Jorien Treur.”Bien que la méthode que nous avons utilisée dans cette étude pose d’importants avantages, ce sont les débuts de ce type d’études. Nous conseillons donc de plus amples recherches lorsque nous en saurons plus sur la génétique, la solitude et la dépendance à l’alcool“, a ajouté le Dr. Treur.Deborah Arnott, directrice exécutive d’Action of Smoking & Health (ASH), a commenté que “si les personnes isolées sont plus susceptibles de commencer à fumer et qu’il leur est plus difficile d’arrêter, elles sont plus susceptibles de souffrir des méfaits de la cigarette. Fumer est la première cause de mortalité précoce évitable. (…) Ces recherches soulignent le besoin des fumeurs qui souffrent d’isolement d’être aidés pour arrêter, pour améliorer leur santé et leur bien-être, mais aussi pour les aider à réduire leur isolement.