Selon une nouvelle recherche américaine, le taux de grossesses non désirées s’avère nettement plus élevé chez les femmes atteintes de handicap : 42% fois plus comparé aux femmes valides.

La grossesse reste un sujet trop peu abordé chez les femmes souffrant d’un handicap physique ou mental, déplore une nouvelle étude dirigée par des chercheurs de l’université de la santé et des sciences de l’Oregon (OHSU, Etats-Unis), publiée dans le journal 

Perspectives on Sexual and Reproductive Health.Les données mentionnées dans cette recherche proviennent de deux enquêtes nationales sur la croissance des familles réalisée en 2011-2013 et 2013-2015, sur un total de 5.861 grossesses déclarées par 3.089 femmes. La proportion de grossesses décrites comme non désirées a été calculée chez les femmes souffrant de tout type de handicap ainsi que chez des femmes non handicapées. Une proportion plus élevée de grossesses non désirées a été observée chez les femmes handicapées comparées à celles qui ne présentent pas de handicap (53% contre 36%). Le nombre le plus important de grossesses non désirées a été déclaré chez les femmes qui rencontrent des difficultés à vivre de façon autonome (62%). Les femmes atteintes de surdité ou d’un handicap cognitif étaient également plus susceptibles que celles sans handicap de ne pas souhaiter poursuivre leur grossesse (1,9 point contre 1,5 point). Adapter les supports de communication pour les femmes en situation de handicapEn général, les femmes qui connaissent une grossesse non planifiée ou non désirée ont moins de chances d’obtenir des soins prénataux en temps voulu. Malheureusement, des soins tardifs peuvent contribuer à des résultats de grossesse moins bons. Cette préoccupation est grandement exacerbée lorsque l’on considère les femmes handicapées. Beaucoup d’entre elles ont déjà des besoins complexes en matière de soins de santé et sont plus susceptibles de souffrir de complications liées à la grossesse ou de dépression post-partum“, explique 

dans un communiqué l’auteur principal de l’étude, Willi Horner-Johnson, professeur associé à l’Institut sur le développement et le handicap de l’école de médecine de l’OHSU.A cela, s’ajoute probablement la crainte du regard de la société, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour identifier les facteurs exacts, suppose Willi Horner-Johnson. “Si nous ne fournissons pas de matériel d’éducation sexuelle avec des aménagements appropriés, comme l’interprétation en langage des signes ou l’apprentissage tactile, ou si nous ne demandons tout simplement pas à une femme ses préférences en matière de reproduction parce que nous supposons qu’un handicap inhiberait les compétences parentales, nous limitons en fait l’accès aux connaissances essentielles et aux services de soins de santé qui garantiront un calendrier optimal de la grossesse et des résultats idéaux à la naissance“, souligne le chercheur.